HOMME DIVORCE CHERCHE FEMME

Une pamphlétaire assumée Remarques sur les hommes noirs (1788) ou dans Le Bonheur primitif de l’homme (1789), elle reprend à son compte les thèses rousseauistes sur la nature essentiellement bonne, belle et respectable — elle-même fille naturelle, elle se disait «  enfant de la Nature  » — et, inspirée par les Lumières et la raison, elle construisit une œuvre originale ponctuée d’idées ingénieuses et novatrices qu’elle comparait à des diamants bruts (9). Dans son théâtre du temps de la Révolution et dans tous ses écrits postérieurs à 1789 — auxquels il faut ajouter sa Lettre au peuple et ses Remarques patriotiques de 1788  (11) —, elle a souvent cherché à susciter des mouvements d’opinion. Il a fallu attendre que les grandes questions de société sur les femmes, le racisme et les minorités se posent avec une nouvelle acuité au lendemain de la seconde guerre mondiale pour mettre enfin en lumière le souvenir tragique de de Gouges homme divorce cherche femme. Comme la plupart de ses compatriotes, y compris les gens de lettres, elle répugnait à écrire elle-même  ; or la dictée a des inconvénients si l’on se relit mal (10). Elle eut très peur, et on peut dater de cette époque son engagement politique.  » Venue de son Quercy natal — elle était née à Montauban en 1748 —, Marie Gouze était veuve à 20 ans lorsque, par un hasard de circonstances et aussi parce que ses ambitions n’étaient pas médiocres, elle fut reçue dans la société artistique et intellectuelle du Paris des Lumières. Or il est bien connu que ce sont les vainqueurs qui écrivent l’histoire, et il semble que, dans le cas de de Gouges, exécutée trois jours après les Girondins, la postérité ait emboîté le pas de la pire façon au procureur de la Commune Pierre Gaspard Chaumette, Montagnard et démagogue bon teint, qui prétendit alors s’exprimer au nom de la Nature : «  Rappelez-vous cette virago, cette femme-homme, l’impudente Olympe de Gouges, qui voulut politiquer et commit des crimes  ; tous ces êtres immoraux ont été anéantis sous le fer vengeur des lois  ! «  Et vous voudriez les imiter  ? Non, vous ne sentirez que vous serez dignes d’estime que lorsque vous serez ce que la Nature a voulu que vous fussiez. Puis on lui reprocha sa complicité avec les députés girondins, qu’elle défendit crânement dans une lettre à la Convention, le 9 juin 1793, une semaine après leur proscription et leur arrestation (4). Elle fut menacée d’être internée à la Bastille par lettre de cachet. Le théâtre fut en effet sa passion et, dès 1778, elle s’y consacra entièrement comme auteure dramatique homme divorce cherche femme. Son mode d’expression invariable a été la brochure classique, allant de quatre à une cinquantaine de pages pour certaines comme ses Lettres au roi et à la reine ou L’Esprit français. Elle appartenait donc à une sensibilité minoritaire lorsqu’elle prenait part à la plus brûlante actualité politique, et cela à une époque où les femmes entreprenantes, celles du moins qui, disait-on, «  se respectaient  », se cantonnaient à la sphère littéraire romanesque ou animaient un «  bureau d’esprit  » (2). Pourtant cette femme engagée, belle figure humaniste de la fin du XVIIIe siècle, n’a été redécouverte que récemment au titre de précurseur dans l’histoire des idées. Sa prise de parole publique a donc toujours été à risques, et on ne lui épargna ni la caricature ni les menaces.

Elle est aussi l’auteure d’un conte «  oriental  », de deux ou trois romans et d’une grande quantité d’écrits politiques — pétitions, factums, brochures, affiches — dont les derniers lui ont coûté la vie. Elle s’y fit connaître sous le nom d’Olympe de Gouges, y rencontrant des écrivains, des philosophes, des scientifiques, des mécènes et collectionneurs, des femmes d’esprit, des artistes et principalement des comédiens. De 1785 jusqu’à sa mort, elle publia inlassablement sur tous les sujets qui revêtaient de l’importance à ses yeux. Sous l’Ancien Régime, elle s’est exprimée principalement dans les préfaces à ses pièces de théâtre publiées en recueil en 1788, et où la thématique essentielle se rapporte aux prisonniers pour dettes (L’Homme généreux) ou à la prise de voile imposée aux jeunes filles catholiques, tradition qui les privait de liberté pour leur vie entière (8).  » Passion pour le théâtre La condamnée du 3 novembre 1793, qui avait en quelque sorte prophétisé sa fin dans un célèbre article sur la tribune et l’échafaud publié dans sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (1791), avait, non sans lucidité, formulé le nouveau statut de la femme en ces termes : «  Les femmes de l’Ancien Régime étaient autrefois respectées et méprisables, et, depuis la Révolution, elles sont devenues respectables et méprisées. Et, ici et là, elle s’intéresse aux enfants nés hors mariage et privés de droits, aux personnes démunies et, bien sûr, aux femmes et au mariage religieux — «  le tombeau de l’amour et de la confiance  » — qu’elle propose de remplacer par un contrat civil équitable prenant en compte les penchants naturels des partenaires à contracter des liaisons hors mariage. De Gouges, dont le nom apparaissait sur des affiches de propagande politique, se fit remarquer lors du procès de Louis XVI, où elle s’offrit de défendre le monarque déchu, faisant d’ailleurs connaître son aversion pour la peine de mort (3). Dans les dix années qui ont précédé sa mort, elle a composé une vingtaine de pièces de théâtre portant sur des sujets de société ou d’actualité politique et dont certaines, représentées, ont connu le succès ou l’échec. Très impliquée dans la vie publique, car les thèmes de ses pièces de théâtre avaient à voir avec l’actualité politique ou étaient un sujet de controverse (comme la question de la suppression de la traite), de Gouges a été sévèrement jugée par la «  majorité morale  » de son temps, pour qui la maternité, l’entretien du foyer et l’éducation des enfants devaient demeurer les thèmes exclusifs de la créativité et de l’activité des femmes. Depuis Molière, la tradition, à la Comédie-Française, autorisait en principe à s’exprimer subtilement sur certains sujets délicats à condition que les codes de la «  bienséance  but moral  » fût atteint. C’est ainsi que, chez la marquise de Montesson, qui disposait d’un théâtre de société dirigé par le chevalier de Saint-Georges, métis d’une liaison de son père avec une ancienne esclave, de Gouges donna en 1782, en lecture privée, une pièce de sa composition sur les horreurs — on ne pouvait alors parler à mots couverts que d’«  injustice  » — de la traite des esclaves des colonies. Jusque récemment encore, de Gouges n’était connue que de quelques érudits. D’abord prudente, à cause du «  despotisme ministériel  », disait-elle, elle donna ensuite libre cours à son enthousiasme sincère après la levée de la censure en 1789. Nous voulons que les femmes se respectent, c’est pourquoi nous les forcerons à se respecter elles-mêmes.

Mais, à la réflexion, on s’aperçut que ce «  drame indien De Gouges, qui y dénonçait l’ «  injuste intérêt des Blancs (6)  » — autrement dit le Code noir (7) — eut le tort de manifester bruyamment son dépit de voir sa pièce reléguée dans les oubliettes de la Comédie-Française. Car son œuvre se caractérise aussi par une faiblesse dans le style et par un visible manque de travail d’écriture, tâche qu’elle avait le tort de confier à des secrétaires. Le courant de pensée libéral et humaniste auquel se rattachaient comme elle les Amis des Noirs (5) mais aussi les amis des femmes fut, on le sait, emporté par la Terreur. Avec tant de chaleur Sur les questions humaines, on a souvent préféré citer ses contemporains Condorcet et l’abbé Grégoire. Or ce dernier a rendu le premier hommage au courage exemplaire de de Gouges, qui, disait-il en 1808, «  avait su plaider la cause des malheureux Noirs  ». Or, en son temps, elle s’est exprimée avec beaucoup d’humanité dans un pays encore largement dominé par le poids des archaïsmes issus des traditions familiales et religieuses. En 1792 et 1793, pour favoriser la diffusion de ses opinions, elle lança des campagnes d’affiches à l’occasion des événements politiques d’importance comme la guerre, la réconciliation nationale, la montée de la dictature montagnarde, le procès de Louis Capet ou la liberté d’expression, à laquelle elle revient dans son dernier écrit de prison (Une patriote persécutée). Marie-Olympe de Gouges est une des très rares femmes de l’histoire ancienne a avoir été exécutée pour la publication d’écrits politiques (1). Mme de Montesson, influente depuis son mariage morganatique avec le duc d’Orléans, père du futur Philippe-Egalité, recommanda l’auteure à la Comédie-Française, et la pièce fut inscrite au répertoire. Elle demeure en effet une figure d’exception, non seulement pour son engagement politique dans la durée, mais surtout pour ses positions d’avant-garde, courageusement exprimées, sur la condition des Noirs et celle des femmes. Olivier Blanc Historien, auteur de Bibliographie. Les termes de «  pamphlétaire  propagandiste  » lui conviennent donc bien. Il est donc juste, aujourd’hui, de rendre hommage au beau courage de de Gouges, qui sut défendre les causes humaines avec tant de chaleur. .

Pau Le Havre Valence Tours Poitiers Thionville Saint-Nazaire Dunkerque Grenoble Metz La Rochelle Perpignan Angouleme Chambery Limoges Toulouse Marseille Calais Nantes Reims

homme divorce cherche femme

homme divorce cherche femme

(voters: 6886)
site de rencontre au cameroun • • site de rencontre gratuit 65 • • rencontre femme maroc • • je cherche une femme pour relation amoureuse • • site de rencontre 100 gratuit pour les hommes et les femmes • • site quebecois de rencontre • • application iphone site de rencontre gratuit • • rencontre celibataire plus de 40 ans